Dans les yeux de Marie-Eve Perron

Pour résumer sa participation au Trophée Roses des Sables, Marie-Eve Perron, porte-parole des équipages canadiens, emploie ces mots : « Je suis allée au bout de mes capacités comme toutes les participantes du rallye ! »

A l’attendre parler de sa course en tant que copilote de sa complice Valérie de Launière (équipage 239), on devine qu’elle s’est totalement prise au jeu… Concernant sa mission dans l’habitacle d’abord, Marie-Eve a encore des visions du road book : « il va nous dire par exemple, faites trois cents mètres au cap 180, après ça il faut changer le degré de la boussole pour les sept cents mètres suivants, puis il faut rouler pendant un kilomètre puis on s’arrête quand on voit une petite maison avec un puits etc. »

Quant aux paysages, cette Québécoise, retient la diversité des décors qu’elle a traversés durant son épopée du désert: « on roule tantôt dans un oued, dans des dunes, dans de la grosse roche, on a d’ailleurs eu une formidable crevaison, certaines se sont enlisées, on développe beaucoup de capacités nouvelles ». Les difficultés qu’elles a rencontrées ? Probablement l’accumulation, le haut degré de concentration sur des journées de douze heures en moyenne, pour parcourir environ deux cents kilomètres. « Maintenir cet état de concentration, tant pour la pilote qui fait face à beaucoup d’obstacles que la copilote qui essaie de tenir les caps et les distances, c’est ça le plus grand défi » affirme-t-elle consciente d’avoir réalisé un exploit. « Moi, je devais à la fois garder un œil continuel sur le road book pour le suivre à la lettre, remettre le Tripy à zéro à chaque case et enfin manier la boussole, c’est-à-dire sortir et rentrer dans la voiture à chaque fois. On n’a pas de temps pour s’arrêter, ce n’est pas le moment pour s’arrêter faire un petit pique-nique sous un arbre, dans un oued, ça roule, ça va vite… »

Cela faisait dix ans que Marie-Eve rêvait de participer au Trophée Roses des Sables, pour le défi physique, mais aussi pour le fait de visiter le désert de cette manière-là.       « L’entraide est aussi partie prenante des valeurs de ce rallye, et puis il y a les actions solidaires : le Trophée soutient l’association Enfants du désert mais également le Club des petits déjeuners, tout ça entrait exactement dans le cadre d’un défi que j’avais envie de relever » poursuit-elle très enthousiaste.

Pour finir, quand on l’interroge sur les meilleurs moments de son aventure, elle répond dans un soupir : « J’en ai plein ! Mais l’étape marathon, soit quatre cent kilomètres à faire sur deux jours et au milieu, on s’arrête dans nulle part et on se monte un campement nous-mêmes… On a vu le coucher du soleil en plein dans un oued de sable, on a vu le lever du soleil là, en camping, on a vu des paysages extraordinaires, des dromadaires un peu partout. Les gens des villages traversés venaient souvent vers nous, on a eu la possibilité d’échanger. On a également eu une journée Enfants du désert, où on a pu visiter le village d’Haroun, pour remettre tous les dons amassés par toutes les participantes, ça a été bouleversant ; je me suis fait maquiller par les enfants, ils m’ont promenée partout dans le village en me tenant par la main, des moments émouvants et touchants à vivre. »

Marie-Eve et Valérie finissent à une place honorable au classement, dans les cent premières alors qu’elles ont eu un temps très limité pour se préparer. Un grand merci à la pétillante Marie-Eve qui nous a offert un show hilarant lors de son passage sur scène à la soirée de remise des prix !