Marathon Women

Ah les dunes de Merzouga… Les filles se souviendront longtemps de ces visions magiques et de leurs traces dans les immenses courbes de sable. C’est donc avec un pincement au cœur qu’elles ont quitté le bivouac pour se lancer dans l’étape 7, dite « Marathon Women ». L’opportunité pour elles de vivre une journée, puis une nuit en totale autonomie en plein cœur du désert, histoire de faire le plein de cette énergie unique que procure les grands espaces sud-marocains, avant le retour à la réalité.

Ce matin au départ, l’équipage 621 manquait à l’appel : le SSV de Valérie et Julie-Anne n’était en effet pas en état de se lancer dans cette dernière étape sportive comptant au classement. C’est avec beaucoup de philosophie que Julie-Anne, la pilote, a vécu cette déconvenue. « Il faut l’accepter, c’est aussi ça le dépassement de soi ! » a-t-elle conclu au petit déjeuner. Zahra et Nathalie (équipage 100) ont dû elles-aussi renoncer au marathon : l’embrayage de leur 4×4 a lâché dans des dunettes après les quarante kilomètres de liaison et le CP départ. Déjà lancées et rêvant de participer à cette étape mythique, elles ont été stoppées net dans leur dernière aventure. Difficile à digérer. D’autant plus que Nathalie était suivie par sa fille qui a participé deux fois au 4L Trophy. Mais cette dernière est très bien placée pour savoir que sur un rallye, on n’est jamais à l’abri d’un problème technique. Une chance pour ces Alsaciennes, le véhicule a pu être transporté vers un garage où il devrait être réparé rapidement. Ainsi, elles pourront rejoindre les Roses par la route demain et finir l’aventure avec elles.

Scotchées au road book
Pour les autres, la matinée a donc commencé par une liaison routière qui a notamment traversé la ville de Rissani et sa fameuse porte, puis direction Zagora/Alnif pour entrer en piste et mettre les compteurs à zéro avant d’attaquer la spéciale au CP départ. Le tableau du début de parcours ? Des pistes, dont certaines à bosses, une passe ensablée entre deux montagnes et beaucoup de plateaux désertiques à perte de vue, avec une bonne dose de hors-piste loin d’être évidents. En cette fin de course, les copilotes sont scotchées au road book, qu’elles ont désormais bien en main. Ce qui était complexe il y a quelques jours est devenu un jeu qu’elles adorent. Conscientes que le classement est encore très ouvert, elles ont tout donné et cela s’est vu. Malgré un timing serré à respecter, les 4×4 se sont beaucoup arrêtés pour vérifier les caps. Après une seconde passe dite « du diable » elles ont atteint le CP1 dans des délais raisonnables : lors du point effectué par le PC Course à 14:30, tous les véhicules avaient pointé, le dernier véhicule se trouvait au PK 95, soit après un passage très mou en montée, et le premier au PK 168. Entre les deux, ça a pas mal jardiné au CPV6, notamment pour la quadeuse Canadienne de l’équipage 612.

Un autre quadeuse en revanche, la 615, s’est illustrée en prenant une grande longueur d’avance sur le reste de la caravane. Au CP3, soit au PK 219.8, qu’elle a pointé en tête à 16:45, elle évoluait quarante kilomètres devant les autres. Une avance qu’elle a gardée tout la journée, en navigant très bien. Kathleen la motarde, qui est déjà la star des JT sur le bivouac, a continué à susciter l’admiration de toutes en évoluant dans un très bon timing. En revanche, bonnet d’âne du jour à l’équipage 172, qui est resté isolé pour jardiner sérieux aux alentours du PK142. Il y en aurait d’autres anecdotes à relater, mais il est temps de laisser les Roses profiter de ce moment si particulier. Quelques infos quand même, cinq équipages n’ont pas tout à fait atteint l’objectif des deux-cents kilomètres pour bivouaquer, préférant s’arrêter pour éviter le passage de l’oued juste avant la tombée de la nuit. Pas de souci, elles auront seulement dix kilomètres à rattraper demain matin… mais c’est autant de temps en moins pour dormir ! Champagne, foie gras, musique, sans compter le ciel qu’elles contempleront pendant de longues minutes avant de se coucher, la soirée va être longue ! Bon bivouac les Roses !